Menu
 
 
Informations générales

[Permis de construire] [Statut marital] [La Tontine] [Achat en SCI]

Le Permis de construire UN DOCUMENT INDISPENSABLE

Quiconque désire entreprendre ou implanter une construction à usage d’habitation ou non, même sans fondation, doit, au préalable, obtenir un permis de construire.

Cette obligation s’impose aux services publics et concessionnaires de services publics de l’Etat, de la Région, du Département et des communes, comme aux particuliers. Le même permis est exigé pour les travaux effectués sur les constructions existantes, lorsqu’ils ont pour effet d’en changer la destination, d’en modifier l’aspect extérieur, le volume ou de créer des niveaux supplémentaires, selon l’article L. 421-1 du code de l’urbanisme.

Pour entreprendre une construction, vous devez
- posséder un terrain ou un titre vous habilitant à construire (titre de propriété ou autorisation du propriétaire) ;
- vous informer de la constructibilité du terrain ;
- faire établir les plans ;
- vous conformer aux règles d’urbanisme en vigueur ;
- déposer en mairie de la commune dans laquelle vous envisagez d’édifier votre projet ou transmettre par la poste (avec accusé de réception) le dossier constitué de l’imprimé de demande de permis de construire et des plans de la construction. Il vous sera délivré un récépissé dont la date servira de point de départ de l’instruction.

Les délais
Le délai est, dans la plupart des cas, de deux mois. Si votre dossier est incomplet, vous disposez de deux mois pour fournir les pièces et les renseignements manquants qui vous auront été réclamés. Le délai d’instruction part dès la date de fourniture de ces pièces. Si, au bout de ces deux mois, vous n’avez pas complété votre dossier, celui-ci sera classé sans suite.

Les travaux devront être entrepris dans les deux ans à compter de la date de délivrance du permis de construire. Si ceux-ci ne sont pas entrepris dans ce délai ou s’ils sont interrompus plus d’une année, votre autorisation deviendra caduque et vous devrez alors, si vous souhaitez toujours construire, déposer une nouvelle demande de permis de construire. Vous devrez également signaler à la commune la date d’ouverture de votre chantier à l’aide de l’imprimé joint à cet effet. Vous devrez par ailleurs déclarer l’achèvement des travaux dans un délai de 30 jours maximum au maire de la commune. La déclaration d’achèvement des travaux doit impérativement être signée par l’entreprise générale ou les entreprises qui est/sont intervenu(es) sur le chantier, mais aussi par votre architecte. Une visite du service permettra de constater que les travaux exécutés sont conformes à ceux autorisés par l’arrêté et, dans ce cas, il vous sera délivré un certificat de conformité.
Vous serez redevable de taxes d’urbanisme, assises sur la surface hors œuvre de votre construction. Les versements seront effectués à 18 et 36 mois, à compter de la date de signature de l’arrêté du permis.

La construction face aux risques sismiques

La Guadeloupe est classée en zone sismique III, soit la classe la plus élevée dans cette catégorie de risques majeurs naturels. Pour que les maisons individuelles résistent à des tremblements de terre d’une intensité pouvant atteindre 9 sur l’échelle de Richter, elles doivent répondre à des normes précises en matière de construction.

Ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes avec les habitudes prises depuis quelques décades, en particulier avec la mode de recourir aux pilotis pour soutenir les maisons qui parfois comptent jusqu’à trois niveaux. Le recours à une telle forme de construction n’est pas interdit mais doit répondre à des normes précises en ce qui concerne les fondations, la composition du béton, les dimensions et la conception des fers qui vont constituer l’armature parasismique.

• Les armatures parasismiques

L’armature parasismique donne à la construction en béton l’élasticité nécessaire au bâtiment lors des secousses les plus violentes.
L’utilisation conjointe du béton et des armatures est la meilleure réponse face aux risques de séisme.
En effet, lors d’une secousse, le ferraillage des poteaux de fondation maintient le béton entre les nombreuses tiges et empêche l’effondrement de ceux-ci.
Cependant, on ne peut utiliser n’importe quel fer. Celui-ci doit répondre aux règles Para Sismiques du guide CPMI Antilles. Règles qui ont été revues à la hausse en janvier 2001 et qui imposent des diamètres de tiges supérieurs à ceux utilisés encore l’an passé. Il s’agit donc bien « d’armer » son habitation contre les risques de destruction.

• Le béton, mais pas n’importe lequel !

Il va de soi que le choix du béton est déterminant dans la longévité d’une maison. Inutile de rappeler que l’utilisation de sable de mer est une catastrophe. Les chlorure et sulfate qu’il renferme attaquent l’armature plus sûrement qu’à l’air libre, ce qui entraîne immanquablement « l’explosion » du béton de surface et la dégradation rapide de l’immeuble. Ce qui est vraiment rageant quand on sait que le ciment est un protecteur naturel de l’acier grâce à un pH de 12.
En zone à risques sismiques maximums, il doit être utilisé un béton à caractères normalisés (BCN) qui seul rendra l’ouvrage résistant au séisme, et, en même temps, résistera aux attaques agressives de l’environnement, à savoir, l’humidité, la salinité de l’air, et les agressions chimiques. La base réglementaire qui régit la norme du béton prêt à l’emploi en Guadeloupe est la NF P18-305. Comment savoir si votre entrepreneur utilise bien le béton préconisé ? Par la certification accordée aux entreprises de béton prêt à l’emploi. Celle-ci est délivrée par l’AFNOR à la suite de contrôles tant des matières premières utilisées, que des produits finis en passant par les mesures et les pesées, ainsi que par l’inspection des installations. Il est bon de savoir que les entreprises les plus performantes de Guadeloupe conservent obligatoirement en archive, pendant dix ans, les constats de leurs livraisons, sur lesquels figurent tous les dosages et nature des produits, ce qui est un élément indispensable dans le cadre de la garantie décennale obligatoire.

Statut marital

Vous vivez maritalement et vous envisagez d’acheter ensemble votre résidence principale

Juridiquement vous n’avez pas de liens avec votre concubin, c’est pourquoi vous ne bénéficiez pas des mêmes dispositions que les couples mariés qui acquièrent un logement.
Vous avez donc particulièrement intérêt à organiser l’acquisition de votre logement pour évier les déconvenues qui pourraient entraîner la nécessité de vendre, au décès de l’un d’entre vous ou en cas de mésentente. Les précautions sont d’autant plus importantes que vous avez des enfants avec votre concubin et/ou d’une autre union.

Prenez conseil auprès d’un notaire : il vous aidera à déterminer la solution la mieux adaptée sur le plan juridique et fiscal.

Plusieurs formules d’acquisition sont possibles. Vous avez l’achat en indivision qui est la formule la plus courante. Il y a aussi la tontine, rare en pratique et enfin l’achat en SCI, société civile immobilière.
Vous devrez opérer un choix délicat, en fonction des incidences fiscales et des personnes que vous cherchez à protéger en priorité, particulièrement au décès de l’un d’entre vous : les enfants ou le concubin survivant.

• Vous achetez en indivision

Vous partagez la propriété du logement :
- soit à part égale : chacun en possède la moitié,
- soit de façon inégale : l’un possède 70%, l’autre 30%, par exemple.

Veillez à ce que la répartition qui figure dans l’acte de vente corresponde à la contribution de chacun d’entre vous au financement du logement.
Vous ne pouvez vendre ni prendre une décision concernant le logement sans l’accord de l’autre : par exemple, si le logement est siué dans une copropriété, vous devez vous mettre d’accord sur celui qui aura pouvoir de voter en assemblée générale.

Si l’un d’entre vous veut mettre un terme à l’indivision et demande le partage, l’autre ne peut pas le refuser. En cas de refus, il est nécessaire de recourir au tribunal.

• Vous pouvez passer une convention d’indivision entre vous.

Etablie par acte notarié, dans l’acte d’acquisition ou séparément, elle prévoit les modalités de gestion de l’indivision et la situation en cas de séparation ou de décès. La convention peut être établie pour une durée déterminée, dans la limite de 5 ans maximum, renouvelable d’un commun accord ou pour une durée indéterminée. Elle peut prévoir :
- la désignation de l’un des indivisaires comme gérant ou bénéficiaire du droit de vote à l’assemblée des copropriétaires ;
- au décès de l’un, la faculté d’acquisition par le survivant de la quote-part du défunt.

• Au décès de l’un d’entre vous.

- En l’absence de convention, l’autre n’a aucun droit sur l’héritage : ce sont les héritiers du concubin décédé qui deviennent propriétaires de sa part ; le survivant sera donc en indivision avec eux. Pour éviter, en cas de conflit, d’être dans l’obligation de vendre le logement, vous et votre concubin, pouvez vous léguer, chacun, par testament, l’usufruit de votre part. Sur le plan fiscal, la succession sera imposée au taux maximum (60%).

- Si vous avez établi une convention, elle peut prévoir qu’au décès de l’un, le survivant pourra acquérir la quote-part du défunt – en usufruit ou en nue-propriété – et que la gérance sera confiée au survivant.

Pour financer l’acquisition, renseignez-vous sur les avantages que pourrait présenter, dans votre cas, un contrat d’assurance-vie.

• En cas de séparation

En cas d’accord sur la vente de la maison, vous vous partagez le prix proportionnellement à vos quotes-parts respectives.
Celui qui désire garder l’immeuble à un droit de priorité pour racheter sa part à l’autre. Vous pouvez aussi décider de maintenir l’indivision et convenir que l’un d’entre vous restera dans les lieux en contrepartie d’une indemnité dont vous fixerez ensemble le montant.

- En l’absence de convention, l’autre en cas de désaccord, c’est le tribunal de grande instance qui ordonne le partage ou la poursuite de l’indivision pendant 2 ans maximums.

- Si vous avez passé une convention d’indivision :
- à durée déterminée : vous êtes théoriquement liés jusqu’à son expiration ; celui d’entre vous qui désire un partage immédiat peut exceptionnellement demander au juge de mettre fin à la convention de façon anticipée ;
- à durée indéterminée : le partage peut alors être provoqué plus facilement, à tout moment pourvu que ce ne soit pas de mauvaise foi ou à contretemps.

La tontine ou pacte tontinier

Lorsque vous acquérez en commun votre résidence principale, il s’agit d’une convention insérée dans l’acte d’acquisition, appelée clause de tontine qui, au décès de l’un d’entre vous, rend le survivant seul propriétaire du bien, quelle que soit sa part versée lors de l’achat.
De votre vivant vous bénéficiez l’un et l’autre d’un droit de jouissance commun sur le logement.

• En cas de mésentente

A défaut d’accord pour renoncer à la clause et vendre le logement, la situation est bloquée jusqu’au décès de l’un d’entre vous. Le tribunal ne peut pas vous départager. A la différence de ce qui est possible en indivision, aucun d’entre vous ne peut exiger le partage.

• En cas de décès

Lors du décès du premier d’entre vous, le survivant se retrouve seul propriétaire du logement et il est considéré l’avoir été depuis la date d’acquisition du logement.
Le coacquéreur décédé est reconnu n’avoir jamais été propriétaire du logement ; ses héritiers n’ont aucun droit sur celui-ci.

Si le bien acquis constitue la résidence principale des deux acquéreurs, au jour du premier décès et si sa valeur globale à cette date est inférieure à un certain montant (500 000 F au 1.6.1997), la transmission est taxée comme une vente. Si le prix du bien excède ce chiffre, le survivant devra acquitter des droits de succession au taux de 60% sur la moitié de sa valeur.


L’achat du logement en SCI

• Vous constituez une SCI, société civile immobilière, par contrat.

Vous avez intérêt à en confier la rédaction à un professionnel, un notaire, par exemple. Les frais d’acte sont fixés librement, renseignez-vous auprès du notaire sur leur montant.

Vous recevez des parts sociales proportionnelles à vos apports respectifs. C’est la SCI qui achète et devient propriétaire du logement ; vous êtes l’un et l’autre locataires ou occupants à titre gratuit de la société. Vous devez tenir des assemblées et une comptabilité régulière. Vous êtes chacun indéfiniment responsable des dettes de la SCI, proportionnellement à votre quote-part.

Si l’un d’entre vous est déjà propriétaire d’un bien, il peut l’apporter en nature à la SCI constituée à cet effet : en contrepartie, il reçoit des parts pour une valeur équivalente. Il peut apporter à la SCI la pleine propriété du bien ou la seule nue-propriété. Les statuts peuvent prévoir que, de votre vivant, vous n’avez pas le droit de céder vos parts à une personne extérieure à la SCI, même à vos ascendants ou descendants.
L’un des associés (vous ou votre concubin) peut toutefois racheter les parts de société de celui qui veut céder.

• En cas de décès

Les statuts de la SCI peuvent notamment prévoir qu’en cas de décès, du premier d’entre vous, la société sera dissoute ou qu’elle continuera avec le seul associé survivant ; le survivant pourra dans ce cas racheter aux héritiers, sans qu’ils puissent s’y opposer, la valeur de leurs parts.

• En cas de mésentente

Il est difficile de sortir de la SCI (sa durée peut atteindre 99 ans). En effet,
- soit, celui d’entre vous qui veut se retirer dans les conditions prévues par les statuts, peut obtenir le rachat de ses parts par la société ou l’attribution du logement ;
- soit, vous et votre concubin votez la dissolution de la SCI dans les conditions prévues par les statuts et le logement est partagé, à moins d’un accord pour sa vente.

En cas de désaccord, vous devrez saisir le tribunal qui peut prononcer la dissolution ; celui qui habite le logement pourra demander au juge qu’il lui soit attribué en priorité. Votre notaire vous conseillera peut-être de procéder à une acquisition ou à un démembrement croisé

Chacun d’entre vous achète la nue-propriété d’une moitié indivise des titres et l’usufruit de l’autre moitié. Lors du décès du premier d’entre vous, l’usufruit du défunt s’éteint ; le survivant se retrouve avec la moitié en pleine propriété sans droit de succession à payer et conserve l’autre moitié en usufruit. Les héritiers ne récupèrent que la moitié en nue-propriété du défunt ; le concubin survivant évite ainsi le risque d’être évincé du logement par les héritiers du défunt. Au décès du second concubin, la pleine propriété de la moitié des parts va aux héritiers du premier défunt, l’autre moitié aux héritiers du second défunt. La décision de dissoudre la SCI est prise dans les conditions prévues par les statuts (à la majorité ou l’unanimité).
S’agissant d’une SCI avec deux concubins, chacun possède la moitié des parts et l’usufruit de l’autre moitié et peut s’opposer à la vente de l’immeuble.

• L’acquisition d’un logement en SCI ne bénéficie pas de certains des avantages accordés aux personnes physiques qui acquièrent leur résidence principale

Les associés de la SCI ne peuvent, ni bénéficier d’un prêt à 0%, ni des réductions d’impôts pour intérêts d’emprunt ou travaux, ni utiliser leur plan d’épargne logement pour l’acquisition.

SEUL CELUI QUI FIGURE DANS L’ACTE DE VENTE A UN DROIT SUR LE LOGEMENT

- Si un seul concubin est propriétaire du logement ou s’il achète seul, l’autre n’est protégé par aucun statut. Le logement peut être vendu sans son accord ; il est sans droit ni titre et peut, en cas de désaccord ou au décès du concubin propriétaire être expulsé. Son concubin, propriétaire, peut toutefois lui faire un contrat de location ; il a alors les mêmes droits que tout locataire

- En cas de construction d’une maison sur un terrain appartenant à l’un d’entre vous. Sauf convention contraire, la construction devient « propriété » du propriétaire du sol quand bien-même elle serait financée intégralement par l’autre ! Avant d’engage votre projet, vous aurez donc intérêt à passer un contrat devant notaire pour clarifier les choses et éviter que l’un ne soit lésé

Le financement du logement et l’emprunt

Avant de vous prêter de l’argent, l’établissement de crédit pourra apprécier vos revenus séparément et non pas globalement comme il le ferait si vous étiez mariés : il se peut que vous obteniez, de ce fait un prêt d’un montant inférieur.

Par ailleurs l’opération présentant plus de risques pour l’établissement de crédit, il est possible qu’il vous accorde un prêt à un taux légèrement supérieur à celui que vous obtiendriez si vous étiez mariés.

• Vous et votre concubin pouvez être co-emprunteurs

Vous empruntez, en principe solidairement pour financer le logement que vous achetez en commun. Chacun d’entre vous est totalement engagé vis-à-vis de l’établissement de crédit pour le montant total prêté.

Vous êtes dans la même situation lorsque l’un emprunte et l’autre est caution solidaire.